Effort (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XI e siècle, dans la locution a esforz, « à toute force ». Déverbal de (s') efforcer.
1. Application délibérée des forces physiques, intellectuelles ou morales à l'exécution d'une tâche, à la réalisation d'un projet. Effort physique, musculaire. Faire un violent. Porter des bagages sans apparent. Après chaque , il reprenait son souffle. Un intellectuel. Faire un de mémoire, d'imagination. Un d'attention. Par méton. Réussir par un soutenu de la volonté. Glorifier l'effort. Inciter quelqu'un à l'effort. Encore un ! Expr. Faire sur soi-même, tenter de se dominer, de maîtriser ses impulsions. Péj. Observer la loi du moindre , avoir tendance à travailler le moins possible. Partisan du moindre , enclin à la facilité, à la paresse. Un style qui sent l'effort, un style contraint, par opposition à un style aisé, naturel. Spécialt. L' de guerre, la tension exceptionnelle, matérielle et morale, imposée à un pays engagé dans un conflit d'envergure.
2. Fam. et vieilli. Contraction douloureuse d'un muscle ou d'une articulation, courbature, tour de reins. Se donner un en soulevant un poids trop lourd.
3. Litt. En parlant d'un élément naturel, d'une force. Action ; vive poussée. Les s de la tempête ont abattu cet arbre. Le vent redouble d'efforts. L' des eaux a rompu la digue.
4. Force exercée par un corps. Effort de tension, de pression, de torsion. L' des arches sur les culées d'un pont. Force de résistance d'un matériau, d'un ouvrage d'art. L' du bois, du fer.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action de s'efforcer. "Cet ouvrage vous demandera beaucoup d'efforts. Les ennemis ont fait un grand pour emporter la place. Arriver à un résultat sans effort. Faire , faire tout son . Un stérile, impuissant. Il fut découragé par l'inutilité de ses s." Fig., "Effort d'imagination. Effort de mémoire. Effort de vertu. Cette maison de commerce a fait un grand de publicité. Je ferai un pour vous venir en aide. Cette banque, malgré un puissant financier, a dû fermer ses bureaux."
Il se dit, par extension, du Résultat produit par cet . "Cette oeuvre est un bel ."
"Faire un sur soi-même," Se déterminer à faire quelque chose, malgré l'extrême répugnance qu'on éprouve.
En parlant des Choses, il signifie particulièrement Pression exercée par un corps. "Cet arbre n'a pu résister à l' du vent. L' de l'eau a rompu la digue. Tout corps est soumis à un de traction, de compression, de tension. L' des arches d'un pont sur les culées." Fig., "Supporter tout l' de la guerre."
Il se dit, par extension, d'une Hernie ou d'une Contraction douloureuse de quelque muscle. "Se donner un en soulevant un fardeau. Ce cheval a un ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Contraction musculaire qui a pour objet, soit de résister à une puissance, soit de vaincre une résistance. Faire pour soulever un fardeau.
BOILEAU: « Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine ; Le chanoine pourtant l'enlève sans »
    Les s de l'accouchement, les s que fait la femme pour aider à la contraction de la matrice.

 2   Action de force physique.
CORN.: « On te croirait toujours abattu sans »
CORN.: « Et quand son assassin tombe sous notre »
CORN.: « Tourne ailleurs les s de tes bras triomphants »
RAC.: « Le ciel mène à Lesbos l'impitoyable Achille ; Tout cède, tout ressent ses funestes s »
RAC.: « Hélas ! je me consume en impuissants s »
FÉN.: « Il faut faire tous ses s pour repousser la mort »

 3   Fig. Action énergique des forces morales. Faire tous ses s pour arriver à ses fins. Effort de mémoire, d'esprit, de vertu. Faire ses s pour mériter une récompense.
MALH.: « C'est une oeuvre où nature a fait tous ses s »
RÉGNIER: « L' fait plus que le mérite »
CORN.: « Mais plus l' est grand, plus la gloire en est grande »
CORN.: « Mais Grimoald puni vous coûterait des larmes ; à cet objet sanglant l' de la pitié Reprendrait tous les droits d'une vieille amitié »
CORN.: « Je verrai par l' de votre obéissance Où doit aller celui de ma reconnaissance »
CORN.: « Tu vis comme il y fit des s superflus »
CORN.: « J'ai fait pour le fléchir un inutile »
CORN.: « Depuis cinquante ans que le Cid tient sa place sur nos théâtres, l'histoire ni l' de l'imagination n'y ont rien fait voir qui en ait effacé l'éclat »
CORN.: « Cette tragédie a encore plus d' d'invention que celle de Rodogune »
LA BRUY.: « La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d'un grand que d'une longue persévérance »
RAC.: « Tous les premiers forfaits coûtent quelques s »
RAC.: « Votre âme... croit qu'en moi la haine est un d'amour »
RAC.: « Tu sais par quels s il tenta sa vertu »
FLÉCH.: « Au premier bruit de ce funeste accident, toutes les villes de Judée furent émues, des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitants ; ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles ; un de douleur rompant enfin ce long et morne silence, d'une voix entrecoupée de sanglots, ils s'écrièrent.... »
QUIN.: « Quoi donc ? un coeur si fier, si plein de fermeté, Par l' de l'amour peut être surmonté ! »
FÉN.: « Télémaque fit ses derniers s pour les en empêcher »
J. B. ROUSS.: « Ce n'est point par qu'on aime ; L'amour est jaloux de ses droits, Tout reconnaît sa loi suprême, Lui seul ne connaît point de lois »
C. DELAVIGNE: « Quel douloureux s'est-il donc imposé ? »
SÉGUR: « Les soldats y attachaient encore plus de prix [à la propreté de leur uniforme] à cause de la difficulté, pour étonner, et parce que l'homme s'enorgueillit de tout ce qui est »
    Faire sur soi-même, se déterminer à une chose malgré une vive répugnance.
CORN.: « Pour moi, pour toi, pour lui, fais-toi ce peu d'effort »
CORN.: « Je ne vous blâme point d'avoir eu mes faiblesses ; Mais faites même sur ces lâches tendresses »
CORN.: « Quels s à moi-même il a fallu me faire ! »
CORN.: « Faites-vous un pour lui servir d'appui »
MOL.: « Fais-toi quelque »
RAC.: « Malgré tous les s que je pourrais me faire »
BOSSUET: « Faisons cet sur notre douleur »
    Familièrement. Il a fait un , il a consenti à donner une forte dot pour marier sa fille.
MOL.: « Mais, Frosine, as-tu entretenu la mère touchant le bien qu'elle peut donner à sa fille ? lui as-tu dit qu'il fallait qu'elle s'aidât un peu, qu'elle fît quelque ? »
    En général, faire un , se résigner à quelque chose qui coûte, qui répugne.
    Faire l' de, prendre la peine de.
SÉV.: « Elle a fait l' de venir voir ce joli appartement »
    Ironiquement. Il a fait l' de me rendre ma visite
    Coup d'effort, coup d'audace, entreprise hardie.
CORN.: « Mes vaisseaux à la rade, assez proches du port, N'ont que trop de soldats pour faire un coup d'effort »
CORN.: « Sans moi ton insolence allait être punie ; à ma seule prière on ne t'a que bannie ; C'est rendre la pareille à tes grands coups d' : Tu m'as sauvé la vie, et j'empêche ta mort »
    Un heureux de la plume, production à laquelle on consacre avec succès toutes ses forces et tout son talent.
CORN.: « Si je souhaite quelque durée pour cet heureux de ma plume, ce n'est point pour apprendre mon nom à la postérité, mais seulement pour laisser des marques éternelles de ce que je vous dois »
    Il se dit aussi, en ce sens des autres beaux-arts.
LA FONT.: « Le renard en louant l' de la sculpture »
    En mauvaise part.
VOLT.: « C'est un de démence dans un gouvernement d'avilir la plus grande partie de la nation »

 4   Il se dit aussi des choses qui exercent une action comparée à un musculaire.
LA FONT.: « L' de l'eau rompit la digue.... Mon front, au Caucase pareil,.... Brave l' de la tempête »
LA FONT.: « Et des vains ornements l' ambitieux »
    L' de la guerre, ce que la guerre a de plus puissant et de plus effectif.
VOIT.: « Vous trouverez étrange que ces gens que vous tenez si sages et qui ont particulièrement cet avantage sur nous de bien garder ce qu'ils ont gagné, aient laissé reprendre une place sur laquelle on pouvait juger que tomberait tout l' de cette guerre »

 5   Dans le langage didactique, toute action en vue d'un résultat.

 6   Effet.
CORN.: « Soit que son or pour lui fît un si prompt »
RAC.: « Le fer ne produit point de si puissants s »

 7   Il se dit des actions armées des peuples ou des partis entre eux.
BOSSUET: « Les Gaulois font un dernier pour leur liberté »
SÉGUR: « L' qu'il venait de faire pour atteindre Moscou avait usé tous ses moyens de guerre »

 8   Dans le langage vulgaire, nom donné à une douleur vive survenue dans un muscle à l'occasion d'une violente contraction de ses fibres.
    Tiraillement douloureux éprouvé dans la région lombaire en soulevant un fardeau trop pesant.
    Hernie. Il s'est donné un .

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XLIV: N'assemblereit Charles si granz esforz [troupes]
     ib. LXXXI: Dist Oliviers : Paien ont grant esforz
     ib. XCI: Son cheval [il] broche, laisse courre à esforz
    XIIème siècle
     Couci, XVI: De ses beaus ieuz [elle] me vint sans desfiance [sans défi] Ferir au cuer, que n'i ot autre esfort
     ib. p. 120: Li plusieur ont d'amors chanté Par esfort et desloiaument ; Mais de ce [ma dame] m'en doit savoir gré Qu'onques [je] n'en chantai faintement
     Rois, 376: Joram li reis de Israel od tut sun esforz out assegied Ramoth Galaath sur Asael le rei de Syrie
    XIIIème siècle
     Ren. 3960: Et cil vienent à grant esfort, Qui le poisson vendre menoient
    XIVème siècle
ORESME: « Premierement il convient de partir soy et traire loing et resister à plus grant au vice qui est plus contraire à la vertu que l'en quert »
J. DE CONDET: « Car il [un roi] estoit de si grant iestre [être], Et si redoutés et si fors, Et si grans estoit ses esforz [son armée] »
    XVème siècle
FROISS.: « Après cette ordonnance, le roi Philippe, qui fortement desiroit à trouver les Anglois et eux combattre, se partit d'Amiens à tout [avec] son , et chevaucha vers Airaines »
CH. D'ORL.: « Elle veut faire son De tout son povoir de m'aidier, Et pour ce lui plaist m'envoyer Cette nef plaine de plaisance »
EUST. DESCH.: « Tout homme armé doit estre, par , Crueulx avant, piteux après victoire »
COMM.: « Le roy avoit mis tout son en son avant garde, où pouvoit avoir trois cens cinquante hommes d'armes et trois mille Suisses, qui estoit l'esperance de l'ost »
    XVIème siècle
MONT.: « Faisant quelque en saultant »
MONT.: « Les s de nostre conception sont loing au dessoubs de leur merite »
AMYOT: « Tout l' de ces hommes d'armes consiste en leur lance »
MAROT: « Foible suis pour te conquester Un chasteau de si grand »
MAROT: « Fossez profonds et murs de grans s N'environnoient encor villes ne forts »
     Sat. Mén. p. 134: .... Et se tenir coy sans rien entreprendre, ny faire [violence] à aucun des habitans

ÉTYMOLOGIE
    Voy. EFFORCER ; provenç. esfort ; catal. esfors ; espagn. esfuerzo ; port. esforço ; ital. sforzo.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Emploi plus qu'ordinaire des forces physiques ou morales. "Grand . Léger . Faire le dernier . Vain . Effort inutile. Employer tous ses s. Il en est venu à bout sans beaucoup d'efforts. Faire beaucoup d'efforts, de nouveaux s, des s impuissants. Les ennemis ont fait un grand pour emporter cette place. Faites-y vos s, tous vos s. Faites un pour vous procurer de l'argent. Il fit tous ses s pour mériter cette récompense. Cela n'exige pas de grands s. Le bel , vraiment! Nous unirons, nous réunirons nos s. Le succès couronna leurs s. Effort d'esprit. Effort d'imagination. Effort de mémoire. Effort de vertu."
Il se dit quelquefois, dans un sens analogue, en parlant Des choses. "L' de l'eau a rompu cette digue. Cet arbre n'a pu résister à l'effort, aux s du vent. Tout l' de cette voûte, tout son faix porte sur les contre-murs. L' des arches d'un pont sur les culées."
Il se dit aussi figurément. "Tout l' de la guerre va se porter sur cette province."
Il se dit, par extension, d'Un ouvrage produit par une action où l'on s'est efforcé de faire tout ce qu'on pouvait. Ce sens n'est guère usité qu'en parlant Des productions de l'esprit ou de l'art. "Ce morceau d'éloquence, la solution de ce problème, etc., est un d'esprit, le dernier de l'esprit. Cette statue, ce tableau, etc., est un de l'art, un des plus grands s de l'art."
Il se dit également Des choses qui demandent un sacrifice. "Il a fait un pour l'établissement de son fils, pour marier sa fille. Je ferai volontiers cet ."
"Faire un sur soi-même," Se déterminer à faire quelque chose, malgré l'extrême répugnance qu'on éprouve.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit en outre d'Une hernie produite par quelque violent, ou d'Un tiraillement douloureux de quelque muscle, produit par une cause semblable. La première de ces acceptions n'appartient qu'au langage vulgaire; la seconde s'applique tant Aux personnes qu'à certains animaux et particulièrement aux chevaux. "Se donner un en soulevant un fardeau. Ce cheval a un . Effort de reins."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



sub. mas. Action faite en s'efforçant, en y employant beaucoup de force. Il se dit Des actions et du corps et de l'esprit. "Grand . Faire le dernier . Vain . Effort inutile. Employer tous ses s. Il en est venu à bout sans beaucoup d'efforts. Faire beaucoup d'efforts, des s redoublés, impuissans. Les ennemis ont fait un grand pour emporter cette Place. Faites un pour trouver de l'argent. Faitesy vos s, tous vos s. Effort d'esprit. Effort d'imagination. Effort de mémoire."
Il signifie encore L'ouvrage qui est produit par une action où l'on s'est efforcé de faire tout ce qu'on pouvoit. Ainsi on dira d'Une excellente pièce d'Éloquence, de la solution d'un problème très-difficile, etc. que "C'est un d'esprit, le dernier del'esprit;" et d'Une excellente production de l'art, que "C'est un de l'art, un des plus grands s de l'art."



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Effort, se dit aussi Des choses qu'on ne fait qu'avec beaucoup de peine, et en s'incommodant. "Il a fait un pour l'établissement de son fils, pour marier sa fille."
On dit fig. "Tout l' de cettevoûte porte sur les contre-murs. Tout l' de la guerre va se porter sur l'Allemagne."
On dit, qu'"Un cheval a un ," pour dire, qu'Il s'est blessé en faisant un .



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou ÉFORT, s. m. [Éfor; 1re "é" fer. le "t" final ne se prononce jamais.] 1°. Action faite en s'éforçant. Il se dit du corps et de l'esprit. '"Faire le dernier éfort", ou "les derniers éforts", ou "tous ses éforts": employer "tous ses éforts". 'Il en est venu à bout sans beaucoup d'"éforts".
- "Efort d'"esprit, "d'"imagination, "de" mémoire.
- 2°. Ouvrage qui est l'éfet des éforts. Celui-ci se dit sur-tout de l'esprit et des talens. 'Cet ouvrage est "un éfort d'"esprit, "un éfort de" l'art; un des plus grands "éforts de" l'art.
- 3°. Ce qu'on ne fait qu'avec beaucoup de peine, et en s'incomodant. 'Il "a fait un éfort pour" marier sa fille.
- 4°. "Avoir un éfort" se dit d'un cheval, qui s'est blessé en faisant un éfort.
   "Rem." 1°. "Éfort" n'a de régime que par le moyen des verbes auxquels il est joint, comme "faire", "employer", etc. Avec eux, il régit la prép. "pour" et l'infinitif: tout seul, il ne régit rien. 'Le Roi, plus afermi encor par "ce vain éfort pour" le "détroner", hazarda enfin de convoquer un Parlement. "Hist. d'Angl." Il falait dire, "par ce vain éfort qu'on avait fait pour", etc.
   2°. On dit, "faire éfort", sans article. '"Faire éfort pour se détourner de" toutes les chôses mauvaises, où la natûre nous porte. "De Saci". c. à. d. "s'éforcer de" se détourner, etc. on peut dire aussi, dans ce sens: "faire tous ses éforts pour", etc. Il est des ocasions où "faire éfort" vaut mieux. = Mais, que faut-il penser de "faire éfort à", avec l'infinitif?
   "Faites éfort à plaire", autant comme on vous plait.
       Corn.
Je crois que cela n'est pas de l'usage actuel, et qu'il faudrait dire: "éforcez-vous de plaire" autant que l'on vous plait.
   3°. * On dit, "défendre de toutes ses forces". Mde. de B... (Hist. d'Angl.) dit, "de tous ses éforts". 'Ptolemaïs, que Saladin "défendoit de tous ses éforts".
- Je doute que l'usage autorise cette expression.




Emplacement dans le dictionnaire :

effluent
effluve
effondré
effondrement
effondrer
effondrilles
efforcer
efforcer (s')
efforcer (s')

effraction
effraie
effranger
effrayant
effrayé
effraye
effrayer
effrené
effréné
effritement
effriter




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...avare terrain ! Je songe, en supputant tout le mal et le pire ; et malgré les détours dont m'abuse le sort, je sens que sur ma lèvre erre encore un sourire, tant mon âme s'absorbe en son dieu sans effort. 6e LIVRE (X) Va-t-on songer à l'automne, à l'aquilon détesté, quand la lumière environne la vie et le fier été ! De l'arbre au profond feuillage, des parterres du jardin, la brise tire un langage...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...dans le ciel, et je me retrouvai dans l'obscurité. Alors un grand souffle terrible passa dans l'atmosphère, et je perçus confusément des choses horribles : ... les grands cocotiers se tordant sous l'effort de brises mystérieuses, -des spectres tatoués accroupis à leur ombre, -les cimetières maoris et la terre de là-bas qui rougit les ossements, -d'étranges bruits de la mer et du corail, les crabes...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...au sortir d'une espèce de mort. Il avait froid, froid jusqu'au coeur de ses membres. Surtout il était engourdi et meurtri, -étendu depuis des heures sur une couche dure : alors il essaya un premier effort, à peine conscient, pour se retourner. Mais son pied gauche, qui lui fit tout à coup grand mal, était pris dans une chose rigide contre laquelle on sentait bien qu'il n'y avait pas de lutte...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...mort qu'aucun autre mort ; jamais rien de lui ne remontera ; jamais il ne se mêlera plus à cette vieille poussière d'hommes qui, à la surface, se cherche et se recombine toujours dans un éternel effort pour revivre. Il appartient à la vie d'en dessous ; il va passer dans les plantes de pierre qui n'ont pas de couleur, dans les bêtes lentes qui sont sans forme et sans yeux... CHAPITRE XCI le soir...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...entré dans le domaine du rêve qui s'efface, de la fumée qui fuit, de l'insaisissable rien... et tout ce chapitre, presque inintelligible, n'a d'autre excuse que d'avoir été écrit avec un grand effort de sincérité, d'être absolument vrai. CHAPITRE VII Au printemps, à la toute fraîche splendeur de mai, sur un chemin solitaire appelé : la route des fontaines... (j'ai cherché à mettre à peu près par...


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